« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68



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Le vendredi de la 3e semaine de CarĂŞme
Commentaire du jour
Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église
De l’Amour envers les créatures – Entretiens spirituels (Entretiens publiés par la Visitation d’Annecy ; édition 1933 ; p.147-149 ; français modernisé ; rev.)

L'amour vrai

      Il y a certains amours qui semblent extrĂŞmement grands et parfaits aux yeux des crĂ©atures, qui devant Dieu se trouveront petits et de nulle valeur. La raison est que ces amitiĂ©s ne sont point fondĂ©es en la vraie charitĂ©, qui est envers Dieu, mais seulement en certaines ententes et inclinations naturelles.

      Au contraire, il y en a d’autres qui semblent extrĂŞmement minces et vides aux yeux du monde, qui devant Dieu se trouveront pleines et fort excellentes parce qu’elles se font seulement pour Dieu et en Dieu, sans mĂ©lange de notre propre intĂ©rĂŞt. Les actes de charitĂ© que nous faisons envers ceux que nous aimons de cette sorte sont mille fois plus parfaits, d’autant que tout est purement pour Dieu, mais les services et autres aides que nous faisons Ă  ceux que nous aimons par inclination sont beaucoup moindres en mĂ©rite, Ă  cause de la grande complaisance et satisfaction que nous avons Ă  les faire, et que, pour l’ordinaire, nous les faisons plus par ce mouvement que pour l’amour de Dieu.

      Il y a encore une autre raison qui rend ces premières amitiĂ©s dont nous avons parlĂ© moindres que les dernières : c’est qu’elles ne durent pas, parce que la cause en Ă©tant si frĂŞle, dès qu’il arrive quelque traverse, elles viennent Ă  se refroidir et altĂ©rer ; ce qui n’arrive pas Ă  celles qui sont seulement en Dieu, parce que la cause en est solide et permanente.

      Les signes d’amitiĂ© que nous faisons contre notre propre inclination aux personnes envers lesquelles nous avons de l’antipathie, sont meilleurs et plus agrĂ©ables Ă  Dieu que ceux que nous faisons attirĂ©s par l’affection sensible. Et cela ne se doit pas appeler duplicitĂ© ou dissimulation, car si j’ai un sentiment contraire, il n’est qu’en la partie infĂ©rieure, et les actes que je fais, je les fais avec la force de la raison, qui est la partie principale de mon âme.

      Ainsi ceux qui n’ont rien d’aimable sont heureux, car l’amour qu’on leur porte est excellent, puisqu’il est en Dieu.



 
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