« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68














 
                    

Vendredi 05 octobre 2012

Ste Fleur (Flore), religieuse o.h. (1300-1347)

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Sainte Fleur (Flore)
Religieuse hospitalière de Saint-Jean
 (1300-1347)

Avant 1246, un seigneur du Quercy, Guibert de Thémines, et sa femme Aigline, fondèrent un hospice pour les pèlerins, sur la route de Figeac à Rocamadour (département du Lot), dans la paroisse de Saint-Julien d’Issendolus.
En 1259, ils le donnèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean qui le firent dépendre de leur grand prieuré de Saint-Gilles et en confièrent la direction à des religieuses qui reçurent leur règle en 1298.

Au début du XIV siècle, une religieuse, Flore, s’y fit remarquer par ses vertus et, après sa mort, par ses miracles. Son confesseur écrivit sa vie ; le texte latin original a disparu, mais une traduction gasconne dans le troisième quart du XV siècle nous reste : « Vida e miracles de S. Flor. »

A Maurs (Cantal), vivait le seigneur Pons qui, de sa femme, Melhor, eut dix enfants, trois fils et sept filles dont quatre devinrent religieuses à l’Hôpital d’Issendolus. Dès son enfance Fleur se fit remarquer par sa maturité précoce et par sa piété, soutenue par celle de sa famille. A quatorze ans, elle demanda à entrer au couvent et ses parents acquiescèrent : « Dieu l'attire à lui, nous ne la lui refuserons pas. »

Elle entra donc à l’Hôpital d’Issendolus et se laissa docilement former aux observances de la règle. Bientôt, prise de scrupules, elle commença à se lamenter : « Malheureuse ! Tu as désiré quitter 1e monde pour faire pénitence et tu es venue dans un lieu de délices. Que feras-tu si ici tu ne peux plaire au Seigneur ? »
Elle profita du passage d'un religieux en grand renom de sainteté pour lui avouer qu'elle avait peur de se damner si elle restait dans une maison si bien pourvue : le saint homme la rassura en lui disant que cette abondance, nécessaire aux malades qui n'étaient pas encore bien fermes dans l'amour de Dieu, serait pour elle l'occasion de grands mérites, si elle savait refuser de satisfaire à tous ses désirs par amour de Dieu.

Le démon entreprit alors de la tenter directement. Il lui rappela la parole de Dieu : « Croissez et multipliez-vous. » Elle lui répondit : « Méchant démon. Ce que tu dis est permis aux séculiers, mais aux religieux qui ont promis à Dieu chasteté, non seulement il leur est défendu de le faire, mais c'est une abomination de seulement y songer. Et Dieu sans la permission duquel tu ne peux rien faire te commande de cesser de me tenter. »
Le démon constatant vite que ses flatteries ne pouvaient rien contre la fermeté de cette fille, essaya de l'intimider : « Sois certaine que si tu ne consens pas à la délectation de la chair et à perdre la chasteté, je te troublerai tellement et te mettrai si mal avec les autres que la grande douleur que tu en auras te fera désespérer et que tu te damneras pour toujours. I1 te serait plus avantageux de commettre le péché de la chair et de t'en purifier ensuite par un digne repentir, car le désespoir est le plus grand péché ; c'est le péché contre le Saint-Esprit, qui n'est pardonné ni en ce monde ni dans l’autre. » Terrorisée, Flore fit le signe de la croix et s'enfuit en courant dans tout le monastère, les yeux et les mains levés au ciel, priant le Seigneur, la Vierge et les saints de lui obtenir miséricorde ; plus elle était troublée, plus elle s'abandonnait à sa prière, courant dans le cloître en poussant des soupirs et pleurant sans manifester aux autres la cause de ses souffrances. Aussi les sœurs la traitaient de folle et d'insensée et la faisaient réprimander par les religieux de passage : elle ne se récriait pas et répondait à peine, se contentant de toujours pleurer devant Dieu comme la Madeleine.

Le Seigneur, qui seul le pouvait, commença à la consoler. Jésus lui apparut sous la figure de l'ange qui était peint dans le cloître devant le parloir, continuellement pendant trois mois environ, et quand elle le vit tout meurtri, elle comprit ce qu'il avait souffert pour les pécheurs. I1 lui sembla qu'elle portait en elle le Seigneur, avec sa croix qui lui déchirait les entrailles, tandis que son côté souffrait comme s'il eut été transpercé. Elle crachait le sang.
Souvent quand elle s'agenouillait pour réciter le Veni Sancte Spiritus, elle restait comme sourde et muette et se perdait en Dieu. Par humilité elle voulait garder ses extases secrètes ; elle prétextait quelque maladie pour rester au lit et goûter dans le calme les douceurs spirituelles, accompagnées de phénomènes extraordinaires : un ange lui remit un glaive, symbole de sa puissance contre le diable qu'elle pouvait chasser de son cœur et de celui des autres, et en effet nul ne s'approchait d'elle sans se sentir soulagé.

Elle avait une grande influence sur ceux qui l'approchaient et manifesta sa sainteté par des miracles, surtout au moment de la peste. Chaque jour elle assistait à la messe, mais suivant la coutume ne communiait qu’aux dimanches et aux fêtes. Elle contemplait avec prédilection le mystère de l'annonciation. Elle avait une dévotion spéciale à la Vierge Marie, à saint Jean-Baptiste, patron de son ordre, à saint Pierre et à saint François d’Assise. Enfin, et c'est ainsi que se termine sa Vie, son grand désir du ciel lui faisait aimer et souhaiter la mort.

Fleur meurt en 1347, probablement le cinq octobre. Son corps fut levé de terre par l’abbé de Figeac le 11 juin 1360 et déjà les miracles étaient nombreux. Ses reliques furent brûlées pendant la Révolution.



Source principale : missel.free.fr/Sanctoral/(« Rév. x gpm »).




 
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