« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68














 
                    

Samedi 12 mai 2012

St Pancrace, jeune martyr († v. 304)

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Saint Pancrace
Jeune martyr à Rome
(† v. 304)

 

P

ancrace, originaire de Phrygie, était encore un tout jeune orphelin lorsqu'il vint à Rome en compagnie de son oncle. Converti au christianisme par le pape Corneille, le jeune garçon fut rapidement dénoncé comme chrétien. Sur l'ordre de l'empereur Dioclétien, Pancrace fut décapité en 304 ; il avait alors quatorze ans.

 

Son culte devint très vite populaire ; saint Pancrace incarnait l'innocence et la pureté de l'enfant qu'il était lorsqu'il fut martyrisé. En Corse, saint Pancrace, dit Brancaziu, a toujours été honoré avec une très grande dévotion ; de nombreuses paroisses se placèrent sous sa protection, et on lui consacra beaucoup de chapelles et oratoires champêtres. Tous les ans, i Bastiacci (les Bastiais) se rendent fidèlement à l'oratoire de Monserrato qu'ils gagnent à pied, en gravissant les marches de la Scala Santa (l'Escalier Saint). Aujourd'hui encore, mais surtout jadis, les pèlerins qui font pénitence montent la Scala Santa sur les genoux. Arrivé à l'oratoire dont le reliquaire contient des restes des martyrs Pancrace, Nérée, Achille et Domitille, on célèbre l'office du jour en l'honneur de san Brancaziu, qui partage avec la Vierge et les saints cités le patronage de l'édifice.

 

Autrefois, la fête de san Brancaziu donnait lieu à un fort beau spectacle dans la ville d'Aiacciu : tous les 12 mai et les deux jours consécutifs, le cours Grandval était transformé en champ de courses ; le spectacle se tenait l'après-midi. Les cavaliers devaient courir sans selle, sur des chevaux empanachés de rubans colorés.

 

En Corse, mais aussi dans beaucoup de régions françaises, saint Pancrace était l'un des protecteurs des animaux domestiques. C'est dans ce cadre que se déroulaient les courses d'Aiacciu évoquées ci-dessus, c'est aussi pour cela que dans le Boziu mais aussi dans bien d'autres pievi, on procède à la bénédiction des troupeaux de brebis. La fête de san Brancaziu se situe dans une période généralement consacrée à la tonte des troupeaux. On a souvent fait correspondre ces deux événements dans le calendrier.

 

Saint protecteur des troupeaux, San Brancaziu est aussi un saint guérisseur. On l'invoquait souvent jadis pour soulager les rhumatisants. Le jour de sa fête, on se rendait en pèlerinage aux différents oratoires qui lui sont consacrés, pieds nus, un cierge à la main, pour obtenir la guérison des rhumatismes. On ne compte pas les bienfaits que saint Pancrace a la réputation de répandre sur les fidèles qui l'invoquent.

 

San Brancaziu fut enfin le grand saint patron des bandits corses. L'origine de ce patronage tient peut-être à ce rapport avec la mort que le saint entretient avec les vivants... Mais on sait aussi que, selon la tradition, saint Pancrace était jadis invoqué contre le parjure. Grégoire de Tours raconte comment tout faux témoin qui s'approchait de ses reliques sentait sa main se dessécher avant de tomber raide mort. Quelles que fussent les raisons qui poussèrent les bandits corses à se placer sous la protection du saint, ceux-ci vouaient un culte fervent à saint Pancrace.

 

À ce sujet, un épisode de la vie de Pietro Cyrneo est édifiant : né au milieu du XVème siècle, Pietro Felce, dit Pietro Cyrneo, à Felce, partit faire ses études en Italie. Lorsqu'il revint dans son village natal, une famille puissante et rivale lui fit subir toutes sortes de vexations. Il voulut entrer en vendetta et, sans expérience, s'en alla consulter le bandit d'honneur nommé Galvano. C'était en plein octave de Saint-Pancrace, et Galvano lui conseilla de respecter la trêve que tout bandit observait en l'honneur du saint patron. Ils restèrent ensemble et profitèrent de cette trêve pour réfléchir et mettre au point le plan de la vengeance. Au terme de ce temps, Galvano s'apprêtait à passer aux actes avec son ami quand celui-ci, probablement touché par la grâce de saint Pancrace, décida de renoncer à ses funestes projets et de rentrer dans les ordres. C'est à ce Pietro Cyrneo que l'on doit le fameux ouvrage intitulé De rebus Corsicis.

 

Contenant une partie importante du corps de saint Pancrace, l'église romane située au pied de Castellare-di-Casinca fit l'objet d'un pèlerinage fort important. On y ajouta une foire aux chevaux très réputée à laquelle vinrent se joindre tous les joueurs et les bandits d'honneur des environs. Les bandits d'honneur ont disparu mais la foire existe toujours.

 



Source principale : curagiu.com/ (« Rév. x gpm »).




 
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