« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68



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Le vendredi de la 7e semaine de Pâques
Commentaire du jour
Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Ut unum sint » § 90-93 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Sois le pasteur de mes brebis »

      L'évêque de Rome est l'évêque de l'église qui demeure marquée par le martyre de Pierre et par celui de Paul... L'évangile de Matthieu décrit et précise la mission pastorale de Pierre dans l'Église... : « Je te dis : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... » (16,18). Luc fait ressortir que le Christ recommande à Pierre d'affermir ses frères, mais qu'il lui montre en même temps sa faiblesse humaine et son besoin de conversion (22,32). C'est comme si, à partir de la faiblesse humaine de Pierre, il devenait pleinement manifeste que son ministère spécifique dans l'Église est entièrement l'effet de la grâce...



      Pierre, aussitôt après son investiture, est réprimandé avec une rare sévérité par le Christ qui lui dit : « Tu me fais obstacle » (Mt 16,23). Comment ne pas voir dans la miséricorde dont Pierre a besoin un lien avec le ministère de cette même miséricorde dont il fait l'expérience le premier ?... L'évangile de Jean souligne aussi que Pierre reçoit la charge de paître le troupeau en réponse à une triple profession d'amour qui correspond à son triple reniement... Quant à Paul, il peut conclure la description de son ministère par l'affirmation bouleversante qu'il lui a été donné de recueillir des lèvres du Seigneur : « Ma grâce te suffit ; car la puissance se déploie dans la faiblesse », et il peut s'écrier ensuite : « Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort » (2Co 12,9-10)...



      Héritier de la mission de Pierre..., l'évêque de Rome exerce un ministère qui a son origine dans les multiples formes de la miséricorde de Dieu, miséricorde qui convertit les cœurs et communique la force de la grâce, là même où le disciple connaît le goût amer de sa faiblesse et de sa misère. L'autorité propre de ce ministère est toute au service du dessein miséricordieux de Dieu et il faut toujours la considérer dans cette perspective. Son pouvoir s'explique dans ce sens. Se fondant sur la triple profession d'amour de Pierre qui correspond à son triple reniement, son successeur sait qu'il doit être signe de miséricorde. Son ministère est un ministère de miséricorde, procédant d'un acte de miséricorde du Christ. Il faut sans cesse relire toute cette leçon de l'Évangile, afin que l'exercice du ministère pétrinien ne perde rien de son authenticité et de sa transparence.



 
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