« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68



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Le samedi de la 3e semaine du temps ordinaire
Commentaire du jour
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église
Manuscrit autobiographique A, 75 v° - 76 r°

« Jésus dormait sur le coussin à l'arrière »

      J'aurais dĂ», ma Mère chĂ©rie, vous parler de la retraite qui prĂ©cĂ©da ma profession. Elle fut loin de m'apporter des consolations ; l'ariditĂ© la plus absolue et presque l'abandon furent mon partage. JĂ©sus dormait comme toujours dans ma petite nacelle ; ah, je vois bien que rarement les âmes le laissent dormir tranquillement en elles. JĂ©sus est si fatiguĂ© de toujours faire des frais et des avances qu'il s'empresse de profiter du repos que je lui offre. Il ne se rĂ©veillera pas sans doute avant ma grande retraite de l'Ă©ternitĂ©, mais au lieu de me faire de la peine cela me fait un extrĂŞme plaisir.

      Vraiment je suis loin d'ĂŞtre une sainte, rien que cela en est une preuve. Je devrais, au lieu de me rĂ©jouir de ma sĂ©cheresse, l'attribuer Ă  mon peu de ferveur et de fidĂ©litĂ©, je devrais me dĂ©soler de dormir (depuis sept ans) pendant mes oraisons et mes actions de grâces. Eh bien, je ne me dĂ©sole pas : je pense que les petits enfants plaisent autant Ă  leurs parents lorsqu'ils dorment que lorsqu'ils sont Ă©veillĂ©s ; je pense que pour faire des opĂ©rations, les mĂ©decins endorment leurs malades. Enfin je pense que « Le Seigneur voit notre fragilitĂ©, qu'il se souvient que nous ne sommes que poussière » (Ps 102,14).

     Ma retraite de profession fut donc, comme toutes celles qui la suivirent, une retraite de grande ariditĂ©. Cependant, le Bon Dieu me montrait clairement, sans que je m'en aperçoive, le moyen de lui plaire et de pratiquer les plus sublimes vertus. J'ai remarquĂ© bien des fois que JĂ©sus ne veut pas me donner de provisions : il me nourrit Ă  chaque instant d'une nourriture toute nouvelle ; je la trouve en moi sans savoir comment elle y est. Je crois tout simplement que c'est JĂ©sus lui-mĂŞme cachĂ© au fond de mon pauvre petit cĹ“ur qui me fait la grâce d'agir en moi et me fait penser tout ce qu'il veut que je fasse au moment prĂ©sent.



 
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